AlloCiné : Pourquoi un nouveau Rambo et pourquoi avoir choisi le sujet brûlant de la Birmanie ?
Sylvester Stallone :Disons que toute carrière connaît des hauts et des
bas et qu'au final vous revenez toujours sur ce qui a marché pour vous, vos succès, et que Rambo est l'un de mes deux seuls grands succès avec Rocky. Cela faisait donc un bout de temps que je voulais faire un nouveau Rambo car il y avait tellement de chose à dire que je n'avais pas pu dire, pour diverses raisons, avec
Rambo III. En fait, les derniers Rambo et Rocky ne m'avaient pas dû tout satisfaits
et je voulais vraiment finir ces franchises sur une note positive. Et puis je crois que depuis 20 ans, et surtout ces 10 dernières années, nous étions dans une phase de transition au
niveau de la planète : aujourd'hui il y a un tel bombardement de la violence par les médias, par CNN, que le timing d'un film comme Rambo qui ne glorifie pas la violence et la solution
par les armes mais au contraire dénonce tout ceci, était le bienvenu, était attendu. Quant à choisir la Birmanie pour toile de fond, disons que c'est d'abord l'un des endroits du monde le
moins connu malgrè l'extrême violence qui s'y déroule au quotidien. Et la raison pour laquelle on ne parle guère de ce conflit est que les Birmans sont très riches et qu'ils dépensent des
millions de dollars pour faire pression sous forme de groupe de lobbies auprès de Washington. Cela me fait presque penser au film Les Sept mercenaires : c'est vraiment l'horreur vécue par une population indigène totalement éventrée par
l'Armée, qui est presque aussi puissante que l'armée Chinoise, mais qui resiste au mieux avec ses pauvres capacités. Et voici Rambo qui cette fois-ci est un athée, qui a perdu toute son
humanité au coeur de cet enfer. Vraiment, je pensais que cette situation était bien meilleure que de faire revenir Rambo en Afghanistan ou d'aller lui faire faire campagne en Irak. Cela
aurait été un manque de respect pour tous nos soldats qui se battent là-bas et totalement iréel qu'un personnage de fiction comme Rambo puisse résoudre des problèmes, une guerre aussi
complexe. Au début j'avais même pensé situer l'action à la frontière entre les USA et le Mexique et parler du problème des violence des cartels de la drogue, du trafic d'organes...Mais
c'était un sujet encore plus délicat et pas le genre de situation à laquelle Rambo s'attaquerait. Je crois aussi que d'avoir ajouté des images tirées des news, de vraies images de ce qui
se passe en ce moment, permet au public de vraiment prendre ce film au sérieux, du moins le sujet évoqué, le conflit mis en lumière. Cela doit vous prendre l'estomac et capter votre
attention. Et puis je voulais aussi donner une pointe de spiritualité au film et un certain exotisme visuel. Donc la jungle birmane s'est au final imposée.
Vous parlez de spiritualité pour un film qui est pourtant ultra-violent. Qu'entendez-vous par là ? Et êtes-vous un spirituel ? Appartenez-vous à un groupe religieux ou
spirituel ?
Je pense que ce film a une dimension spirituelle car il montre comment l'être humain, malgré les horreurs auxquelles on le soumet, parvient à relever la tête et à continuer le combat. On
se trompe parfois sur le sort final de ces populations indigènes sous le joug de la violence et comment leur foi leur permet de se soulever et éventuellement de retourner la situation. Et
puis je crois que je voulais montrer que Dieu, sans doute, ne nous aime pas tous au même niveau, avec la même égalité d'amour. Il faut à mon avis prouver que l'on est digne de l'amour de
Dieu, que l'on le mérite. Hum... Bon, je ne ferai pas d'autres commentaires et quant à apartenir à un groupe religieux... Et bien disons que j'appartiens à une salle de musculation !
(Rires)
Dans quelle mesure Rambo a t-il vraiment changé ? Et vous a t-il changé vous, Sylvester Stallone ?
Rambo est vraiment devenu quelqu'un de cynique. Et moi aussi je suis devenu beaucoup plus cynique en vieillissant. Si vous regardez autour de vous, si vous cherchez la vérité et tout ce
que l'on vous a promis quand vous étiez jeune, et bien vous réalisez que vous êtes encore loin de tout ceci et donc il y a comme un gout d'amertume et de frustration en vous. Rambo, dans
ce film, a vraiment l'impression d'être un oublié de Dieu, de l'Amérique. Il veut vivre en exil et qu'on le laisse tranquille. Et puis voici venir des missionaires qui croient encore en
ce qui est bon sur Terre, tel un rayon d'humanité au milieu de ce carnage. Alors, bizarrement, même si Rambo ne partagent pas leur foi, il se sent responsable de cette femme et de ce
petit groupe d'hommes. Il retrouve un certain sens à sa vie : le sens du guerrier, et les guerriers sont fait pour se battre. C'est un peu l'explication de la séquence de rêve/cauchemar où Rambo finit par
accepter qui il est vraiment. Il reconnaît qu'il se bat avant tout pour lui et non pour son pays. Il reconnaît que la violence est en lui et ne vient pas forcément de l'extérieur. En
faisant ainsi face à ses démons, il retrouve goût à la vie et une justification pour rentrer au pays, refaire sa vie... Du moins ce qu'il lui en reste car évidemment il a vieilli et le
temps lui a filé entre les doigts. Mais à la fin, il se dit qu'il pourra rentrer chez lui en paix et retrouver les siens. En voyant d'où il vient, ce ranch entouré d'espace ouvert, on
comprend qu'il vient d'un monde libre, primitif, sans véritable "société". Il est le produit de son environnement, quand il est confronté à la société il finit par argir comme il agit...
Je sens vraiment un parallèle totale avec ma propre existence car j'ai eu une carrière fabuleuse, une vie unique. On m'a offert deux personnages plus grand que nature dans ma vie : Rocky
l'ultime optimiste et Rambo l'ultime pessimiste, la face noire de ma vie, le tueur, le primitif. Ce fut comme un miracle que d'avoir cette carrière et en même temps c'est comme un mauvais
sort car vous vous retrouvez enfermé dans la peau de ces deux héros à jamais. Mais bon, maintenant je sais que cela ne sert à rien de chercher à m'échapper, à me cacher, il faut assumer
avec plaisir ces deux rôles et reconnaître que je ne suis pas un acteur aussi versatile que je le voudrais. Alors j'essaye de faire avec honnêteté et lucidité ce que je fais le mieux :
Rambo et Rocky. Et puis comme dans ces deux films, à la fin, le personnage est finalement en paix avec lui-même et le reste du monde. C'est un peu mon Odyssée : c'est Ulysse qui
rentre chez lui à la fin, Rambo a fini son voyage, son épopée...
On dirait que votre discours est plein de philosophie : Rambo est-il une nouvelle race de politicien ?
Pas vraiment non... Disons, que moi, Stallone, je philosophe et que je fais dire ensuite les choses à Rambo selon ce que lui dirait. Je m'explique : Rambo a perdu toutes ses illusions au
début du film et j'avais prévu pour lui un vrai discours politique. En essence, il expliquait comment l'Amérique l'avait utilisé puis rejeté, comment il ne se sentait plus bon à rien. Et
puis il expliquait comment selon lui la guerre est quelque chose de "naturel", et non la paix. Comment la Guerre est le résultat d'un groupe d'hommes en haut de la pyramide qui décident
de faire la guerre mais qui envoient d'autres la faire vraiment, physiquement. Et comment la vies de ces hommes ne changent pas une fois que la guerre est finie, qu'ils retrouvent leurs
familles et leur siège au Congrès. Mais que pous les autres, ceux tombés au front, tout est fini, leur vie est dévastée à jamais. C'était un monologue qui s'adressait à la missionaire venue le démarcher pour sa
mission humanitaire, et au final il lui disait de rentrer chez elle, que Dieu ne va rien solutionner et qu'il faut tout oublier. Bien sûr Rambo ne peut pas parler ainsi, ce n'est pas
quelqu'un d'aussi éduqué. Et donc au final j'ai tout barré et je lui ai juste fais dire : "Just Go Home !", "Rentrez chez vous !". Direct, franc et simple comme Rambo.
J'essaye de mettre un peu de philosophie dans mes films, surtout avec tout ce qui se passe en ce moment en Irak et Afghanistan. Je veux faire prendre conscience au gens des horreurs qui y
sont commise, des difficultés à résoudre -voire impossible à résoudre- ces conflits. Et puis, comme Rambo, je ne crois pas que la paix soit un état naturel. Je conçois que l'on ne soit
pas d'accord avec moi mais je pense vraiment que la guerre est dans la nature de l'homme. C'est triste mais regardez combien de temps cela prend pour faire la paix, et par contre cela
prend une minute pour commencer une guerre. J'ai bien peu qu'il y ait toujours quelque part une guerre sur Terre. Voilà... Il faut faire front à cette triste réalité, à cette... fatalité
?
Les héros de film d'action ont bien changé...
Oui... Certains peuvent même voler de nos jours !
Justement, pouvez-vous également nous dire pourquoi vous avez decidé de ne pas utiliser, ou si peu, d'effets visuels ? Et puis d'abord, combien de personnes tuez-vous dans
ce film ? C'est une vraie boucherie !
Oui, une sacré boucherie ! Mais je crois que dans Rambo III, j'en ai même tué plus.
Disons que dans John Rambo, j'ai essayé d'être efficace, rapide et tout en
douceur... Hum... Bon, pas vraiment en fait ! Disons que c'est un film court et brutal comme l'est malheureusement toute guerre. La guerre est quelque chose de massif quand cela se passe
et presque d'immédiat. Et puis c'est fini. Plus que le carnage étendu de part et d'autre. C'est vrai que j'ai adopté pour ce Rambo le choix de la "vieille école" des films d'action où ce
que vous voyez sur l'écran est véridique : d'ailleurs à 80%, tout ce que fait Rambo est faisable par un soldat lambda. Je n'ai guère poussé la sauce. Et puis dans les années 80, on a été
trop loin dans les films d'action avec tout le monde musclé à outrance et torse nu, tuant plus de 800 personnes d'un chargeur de mitraillette. Je ne voulais pas non plus compter sur les
effets digitaux CGI comme dans les films des dix dernières années, puisque les jeunes acteurs faisant les héros ne semblaient pas vouloir suivre nos pas, à nous les éanciensé. Mais bon,
comment faire concurrence à un film de 200 millions de dollars bourré d'effets ? Impossible. Donc c'est pour cela aussi que je suis revenu à un style cinématographique plus
pur, plus direct, plus viscéral. Pour moi, il s'agissait de revenir au cycle des films d'action des années 70 comme ceux réalisés par Francis Ford Coppola, Martin Scorsese ou Brian De Palma. Même si ce n'est pas du même niveau, ce John Rambo a l'esprit d'Apocalypse Now avec la remontée de la rivière, le côté noir du héros qui a perdu la foi. Et puis, même si
ce film est violent, ce n'est qu'une pâle copie par rapport à la réalité encore plus insoutenable et vécue par les Birmans. C'est vrai que j'ai dû me battre pour avoir certaines scènes à
l'écran qui me semblent indispensables pour dénoncer cete violence et ces assassins ! Oui, on brûle des bébés, on viole des femmes et tout est à l'écran, et vous croyez que ce n'est pas
ce qui se passe en Birmanie ou au Kenya ou ailleurs. Oui je coupe en deux à la fin le méchant qui se vide de ses tripes : et il le mérite ce pédophile, ce monstre ! Il faut montrer
l'horreur aux gens pour qu'ils prennent conscience de la situation. Je ne veux pas faire l'éloge de la violence et de la guerre, bien au contraire, je veux vous dégouter à jamais de
toutes les guerres et toutes les atrocités que certains êtres dits "humains" font à d'autres êtres humains. En exposant cette situation, en ne minimisant rien, alors peut-être y aura t'il
un changement, un tournant à l'horizon... Un nouvel espoir d'un futur de paix, même temporaire.
Et donc Rambo a toute sa place dans le cinema d'action emmené par Jason Bourne ?
Rambo bouffe du Jason Bourne au petit-déjeuner ! Non, je plaisante, j'adore les aventures de Jason Bourne. Je ne croyais pas du tout en ce projet quand ils l'ont monté mais cela prouve
qu'avec un acteur de talent comme Matt Damon et un réalisateur de génie comme Paul Greengrass, tout est possible. Ils ont fait un boulot incroyable avec cette franchise. Donc
pas besoin d'avoir de gros bras pour mettre la pâté...
Mais vous mangeriez quand même du Jason Bourne au petit déjeuner ?
Non, par contre je mangerais bien de cet autre action hero, le mec qui joue dans les Transporteur... Celui-là je me le fais pour sûr ! (Rires)
Parlez nous de votre expérience de réalisateur plus en details... Comment était-ce de vous mettre en scène et quelle marque de maquillage utilisez-vous pour toujours bien
passer à l'écran ?
(Rires) Et bien mon secret, c'est l'huile d'olive ! Mais bon, j'ai tout essayé et ma salle de bain ressemble au rayon maquillage d'un grand magasin ! Mais l'avantage de l'huile
d'olive c'est que vous vous en servez pour votre visage et ensuite pour cuisiner votre petit déjeuner ! Et j'en mets même à la ceinture pour bien la huiler et la désserrer. Depuis que
j'ai réalisé mon premier film, La Taverne de l'enfer, je n'ai jamais cessé d'aimer
passer à la réalisation. Disons qu'avec ce Rambo, j'ai cherché un style correspondant au personnage, c'est à dire un style où la caméra est toujours en action, en avant, en mouvement et
dans tous les sens, comme Rambo. Et puis je ne voulais pas de jolis mouvements de caméra, après tout on est dans la jungle, au coeur de la guerre et c'est donc normal que tout ne soit pas
clair et que ce soit vraiment le chaos, autant au niveau du son que de l'image. Et puis je n'avais pas des centaines de millions de dollars pour faire ce film, il m'a fallu donc faire
vite et de façon efficace. Mais
le résultat est totalement à la hauteur de ce que j'avais en tête. Et puis c'est vrai que c'est dur de se mettre en scène car il est vraiment dur de se concentrer sur ce que vous devez
tourner en tant que réalisateur et de plus être dans "le moment" en tant qu'acteur et livrer l'intensité et l'émotion requises. C'était amusant car j'avais avec moi-même des moments
surréalistes, preque schyzophréniques, où je faisais parler le réalisateur à l'acteur, le réalisateur au scénariste, l'acteur au producteur... On en perd totalement la tête... Et tout
ceci au coeur de la jungle avec une chaleur pas possible et une armée invisible Birmane voulant vous faire la peau à tout moment... C'est loin d'être une promenade !
Comment avez vous affronté les nombreuses cascades du film ?
Avec l'âge, cela devient de plus en plus délicat de faire toutes ces cascades, d'autant qu'il n'y a guère d'effet CGI : c'est du vrai de vrai à l'écran ! J'ai pratiquement effectué toutes
mes cascades sauf celle de l'explosion finale où on me voit sauter d'une colline. Pour le coup, j'ai utilisé une doublure. Et tant mieux car j'ai vraiment cru que mon cascadeur allait y
passer, d'autant que l'on a dû faire plusieurs prises de vue. Il vous faudra vraiment voir le making-of du DVD et vous verrez combien ce fut un tournage périlleux et dangereux. Ce fut
vraiment une guerre grandeur réelle. On a eu tellement d'accidents que la liste serait trop longue, entre les morsures
de serpents, les blessures cutanées diverses... J'ai même eu un bout de bambou qui m'as transpercé le biceps ! Mais c'est tout ça qui a fait de ce tournage une grande aventure
inoubliable. Au début, toute le monde me haïssait et détestait le tournage mais j'ai réussi à leur faire comprendre que c'était une experience unique, que chacun en sortirait plus fort :
"Vous allez ensuite rentrer chez vous et vous vous sentirez un autre homme, une autre femme, vous regarderez votre famille et leur direz combien ils ont la vie facile, comment il ne
faut jamais se plaindre quand on vit la vie que l'on a en Occident !". Mais le plus gros challenge du film, ce fut évidemment de faire face aux menaces sans répit de l'armée Birmane
pendant que nous filmions le film à la frontière en Thaïlande. Les Birmans on pas mal de police secrète un peu partout et ils ont fait un maximum de pressions sur mon équipe. Et puis, au
départ il fut impossible de trouver tout personnes d'origine Birmane pour travailler avec nous comme figurants ou acteurs. Jusqu'au jour où l'acteur jouant le méchant militaire, et qui
était un rebelle Birman, a accepté de faire partie du film car il voulait vraiment aider à exposer au grand jour les horreurs que son pays vit au quotidien. Immédiatement sa famille en
Birmanie a été arrêtée et mise en prison. Néanmoins, nous avons grâce à lui eu le support de tout un groupe d'indigènes rebelles qui ont accepté de jouer dans le film. Et donc quand vous voyez à
l'écran de pauvres gens et des enfant sans jambes, mutilés, ce ne sont pas des effets spéciaux mais malheureusement de vraies victimes des horreurs de la guerre civile en Birmanie et des
mines placées par les militaires aux abords des villages et un peu partout dans la jungle... Un autre défi à relever pour ce film fut le montage. Et c'est pour cela que je viens juste de
donner la dernière touche au film deux semaines avant la sortie américaine. Comparé à Rocky
Balboa, j'ai cru naïvement que le montage serait une partie de plaisir. Et bien pas du tout. Car je voulais que ce soit un vision des faits réels, montrer comment la guerre
est un processus intense, brutal, sans retenue et dévastateur. Un champ de bataille, ce n'est pas beau à voir et les corps, les membres volent dans tous les sens. Il m'a fallu donc
tourner avec plusieurs caméras et ensuite sélectionner les scènes et les angles correspondant au mieux de ce que j'avais en tête d'un combat. J'ai tourné de cinq manières différentes la
fin du film. Je n'étais pas certain de la façon de le finir. Vraiment, je crois que c'est mon plus beau film d'action et j'ai souffert pour en arriver à bout...
Pensez-vous parfois à ce que vous représentez dans le cinéma d'action américain, à votre "empreinte" sur le cinéma ?
Ce que je laisse comme empreinte au cinéma ? Je ne suis pas certain que l'on se souviendra de moi. Je crois que je suis un mélange de hauts et de bas, de yin et yang. Je crois que
certains acteurs me regardent comme une chose archaïque appartenant à un passé révolu, enterré. Aujourd'hui nous sommes si évolués sur un plan technologique que je pense que l'on me
compare à un dinosaure d'une autre époque. Je crois que les Arnold Schwarzenegger,
Bruce Willis et moi-mêm étions des acteurs "physiques" et que nous menions les choses par
la force de nos bras. Aujourd'hui les acteurs de films d'action sont plus "intellectuels", ils trouvent des solutions à leurs problèmes avec leurs neurones et pas uniquement à coups de
poing. Voilà... Je crois que dans quelques années, regarder l'un de mes films sera comme d'aller au Musée d'Histoire Naturelle et de regarder les pterodactyles et autres créatures
préhistoriques !
Il
paraît que vous venez d'acheter les droits d'un film intitulé "Space cowboys" : est-ce que cela signifie que vous allez débaucher Arnold de son poste de gouverneur et porter ce projet à
l'écran ?
Oui, c'est vrai que c'est l'un de mes projets mais je n'ai pas de calendrier en tête. C'est vrai aussi que je suis devenu excellent ami avec Arnold, "Mr. Le Gouverneur" ! On se voit tous les samedi pour fumer un cigare au Café Roma, un restaurant de
Beverly Hills. En fait, on doit se cacher derrière le resto car il est maintenant interdit de fumer partout et donc on se réfugie chez un petit marchand de cigares qui est l'un des rares
sanctuaires pour fumeurs. Je crois qu'il est un peu jaloux de ce qui m'arrive et qu'il risque fort de reprendre du service sur le grand écran si sa carrière politique ne marchait plus
comme il le voulait. C'est incroyable qu'il ait eu trois carrières de star : dans le monde de la musculation, dans le monde du cinéma et maintenant en politique. Vraiment, bravo ! C'est
amusant de voir que nous étions l'un en vers l'autre dans une logique de concurrence totale et méchante et que maintenant nous sommes les meilleurs amis de la Terre : j'ai même envoyé à
sa fille des posters signés de Rambo dernièrement. Quant à mes futurs projets je ne sais pas exactement ce que je vais faire. Je crois
que j'aimerais m'attaquer à un remake du film Le Justicier de minuit avec Charles Bronson, j'ai d'ailleurs un script d'écrit. Je pense que le moment est venu de faire
quelques remakes des meilleurs films d'action des années 60 et 70. Sinon, je viens également d'acquérir les droits cinéma d'un bouquin de Nelson DeMille : The Lion's Game. C'est
l'histoire d'un homme, un "Lion", qui poursuit un terroriste à travers les USA : c'est un super thriller, un peu justement dans le style de Jason Bourne et je crois que cela ferait un
film explosif. En tout cas pour ce qui est de Rocky ou Rambo, c'est fini ! J'ai raccroché les gants et l'uniforme ! Je n'ai plus rien à dire, mes héros sont en paix et il faut les laisser
tranquilles, finir leur vie... heureux.
Que pensez-vous de la situation politique actuelle aux USA et comment voyez-vous les prochaines élections ?
Et bien je pense que cela ne peut pas être pire qu'en ce moment ! La situation ne peut que s'améliorer et je n'ai aucun doute que cela VA s'améliorer. C'est vraiment triste mais il me
semble que l'Histoire doite se répéter sans cesse. On a eu le même désastre avec la Guerre du Viet-Nam. Alors je pense qu'un changement est imminent et que cela fera du bien à l'Amérique.
Il faut faire un grand ménage, se débarrasser des vieilles idées et en trouver des nouvelles, bien fraîches et stimulantes. Je veux croire à un tournant dans le paysage politique
américain. Mais en attendant
c'est vraiment une situation pénible et dure à vivre. Et avec un peu d'intelligence tout ceci aurait pu être éviter. Pour faire un parallèle avec Rambo, j'ai vécu un peu la même situation
avec Rambo II : la mission et avec Reagan. Quand il y a des problèmes, des crises
de ce type c'est tout le moral du pays qui décline et qui vire au noir et cela donne ce genre de film qui reflète bien l'état d'esprit dans lequel se trouve le pays. Je ne suis pas un
petit génie en politique mais c'est bien sûr inévitable que l'on va prochainement voir un nouveau jour sur le plan politique. J'espère juste que ce n'est pas trop tard et que l'Amérique
peut à nouveau être crédible dans le Monde et retrouver la place qu'elle occupait auparavant.
Que pensez-vous des gens qui comparent George Bush à Rambo ?
Oui, c'est terrible ! Il faut que cela cesse. Je sais bien que l'on a la même date d'anniversaire mais c'est là que s'arrête la comparaison. Et puis si pour certains, Bush c'est Rambo,
alors je veux rappeler que Rambo rime avec Dumbo !
Propos recueillis à Los Angeles en décembre 2007 par Emmanuel Itier.
Source : Allociné
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