le 07.02.2001.
Interview de Sylvester Stallone.
Acteur et scénariste du film Driven.
Même pour Sly, il est temps de passer la main en douceur, et voir la génération montante endosser l’étoffe des héros du grand écran. L’icône vieillissant a lui-même orchestré cette passation de
pouvoir, en écrivant le traitement de Driven, et paraît s'effacer tout au long du rollercoaster de Renny Harlin.
Pourquoi avoir écrit une histoire sur un coureur automobile ?
J'ai fais beaucoup de recherches sur le sujet et j'ai rencontré des gens comme Jean Alesi, Michael Shumacher ou Jacques Villeneuve. J'ai donc commencé à bien connaître ce milieu et je me suis
rendu compte que nous avions une équivalence aux Etats-Unis avec le Karting. Je pensais qu'il était très intéressant de montrer la personnalité de ces gens-là. Le public, en général, ne songe
qu'aux voitures, à la technique automobile, au sport en soi mais jamais aux gens qui sont derrière le volant. Moi, ce sont ces gens-là qui m'ont passionné.
Et la Formule 1 est devenue une passion pour vous ?
Oui. Quelque part, la Formule 1 me rappèle la Rome antique. Il suffit de remplacer les chars par des voitures de course. C'est un sport très technique, très intelligent. Ca ne concerne pas vos
muscles mais plutôt votre intellect, votre faculté d'adaptation qui est mise à l'épreuve en un temps record. En continuant mes recherches, je me suis rendu compte que je ne connaissais vraiment
pas ce milieu et je me suis dis que je ne devais pas être le seul aux Etats-Unis. J'ai donc décidé d'écrire une histoire qui tournait autour de ce milieu.
Qu'avez vous ressenti lorsque vous avez conduit une voiture de course pour la première fois ?
Cela n'a rien à voir avec une voiture ordinaire. Mes genoux ont commencé à trembler, mon champ de vision s'est diminué. C'est vraiment une conduite qui exige le meilleur de vous-même car dans une
situation pareille, à une telle vitesse, vous ne pouvez pas sortir de la voiture comme ça, l'arrêter quand bon vous semble. Pour conduire ce genre de voitures, il faut développer toute une
technique qui s'apprend sur plusieurs années. Je suis quand même grimpé jusqu'à 350 Km/Heure ! Je me sentais vraiment malade à ce moment-là.
Le thème principal du film tourne autour de l'apprentissage...?
Oui, c'est une relation père/fils ou encore un conflit de générations. Les anciens doivent accepter l'arrivée de nouveaux coureurs, de nouveaux talents. Il est impossible de combattre l'usure du
temps. A ce moment-là, il faut mettre son ego de coté et tenter d'aider les nouvelles générations, pour vivre leur succès par procuration. Souvent, c'est une situation très difficile à
accepter...
Propos recueillis par Didier ALLOUCH
Traduction : Stéphane MOISSAKIS
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A propos de DRIVEN :
Sylvester Stallone (scénariste du film) explique : "habituellement, les cinéastes simulent le point de vue du pilote en montant une caméra à l'arrière de la voiture. Mais c'est une erreur, car le regard du pilote n'est pas fixe, il balaie constamment le champ, latéralement et en profondeur. C'est une vision active et perpétuellement changeante, que Renny a captée en multipliant les focales et les axes."
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