DOSSIER DE PRESSE JOHN RAMBO (1ère partie).
Un mythe moderne & Rambo et ses films
Vingt ans après ses dernières aventures, John Rambo revient sur les écrans. Si ce personnage de vétéran du Vietnam s’est imposé dès son apparition en
1982 comme l’un des héros les plus emblématiques du cinéma, c’est parce que derrière le guerrier absolu, au-delà du combattant hors pair, existait un homme qui n’acceptait pas la violence à
laquelle ce monde le contraignait. Dès le premier film, ce héros à part est devenu un élément essentiel de l’imaginaire collectif. Les deux suites n’ont fait que renforcer sa notoriété et sa cote
de popularité, que les ventes de DVD n’ont jamais cessé de confirmer. Avec ce rôle comme avec celui de Rocky Balboa, Sylvester Stallone s’est imposé comme l’une des icônes du cinéma mondial, dont
il est l’un des acteurs les plus populaires.
A l’instar de son personnage de boxeur dont il a brillamment clôturé la saga l’année dernière avec ROCKY BALBOA, Stallone reprend ici les rênes de la réalisation et de l’écriture, nous offrant sans
doute le plus personnel des épisodes de la série des RAMBO. Il confie lui-même qu’il lui aura fallu vingt ans pour prendre le recul et acquérir l’expérience nécessaire à cette histoire.
Un mythe moderne
Depuis la sortie de RAMBO sur les écrans en 1982, le monde entier connaît Rambo, ce soldat redoutable et pourtant vulnérable humainement qui s’élève contre l’oppression et l’injustice. Dans le
premier film, une adaptation du roman «First Blood» de David Morrell, John Rambo était un héros de la guerre du Vietnam, un soldat décoré devenu un paria dans son propre pays après sa participation
à ce conflit impopulaire. Trois films et deux décennies plus tard, Rambo est devenu dans toutes les langues un symbole de tous les combattants héroïques luttant contre l’oppression. Dans les zones
de conflits modernes comme l’Afghanistan, l’Irak ou la Birmanie (Myanmar), «Rambo» fait référence aux agressions militaires les plus violentes, mais aussi aux hommes obligés par les circonstances
de prendre les armes.
D’une force physique impressionnante et d’une rare habileté au combat, Rambo est aussi un homme blessé et fragile sur le plan émotionnel qui a su toucher la corde sensible du public et devenir une
véritable icône à travers le monde. Le nom «Rambo» est passé à la fois dans le langage populaire et dans le discours politique, et le succès des films a fait de Sylvester Stallone une des plus
grandes stars de notre époque. Vingt-cinq ans après la sortie du premier film, l’image et le personnage de Rambo font définitivement partie de la culture populaire. En 2007, l’ancien soldat
américain Jessica Lynch dénonçait devant le Congrès américain la manipulation médiatique destinée à «la faire passer pour une petite Rambo capturée en Irak». La même année, un rapport du Pentagone
sur les questions de santé mentale dans l’armée était surnommé dès sa parution «Le Problème Rambo».
Le producteur Kevin King commente : «Rambo est passé dans le vocabulaire de toutes les langues et même dans les dictionnaires, qui le définissent comme une agression militaire. En termes
simplistes, Rambo, c’est le bien contre le mal, l’oppressé contre l’oppresseur, l’exclu contre la société. Ce sont des choses que les gens comprennent très bien.»
Rambo a pénétré la conscience collective avec une force que n’a jamais eue un autre personnage de film. Partout dans le monde, que ce soit chez les Karens rebelles des collines de Birmanie, dans
les montagnes arides d’Afghanistan ou dans des lieux où les films sont illégaux ou très rares, tout le monde connaît Rambo.
Alors qu’elle recrutait des acteurs locaux et des centaines de figurants pour JOHN RAMBO, l’équipe du film s’est aperçue que même les Thaïlandais et les réfugiés birmans connaissaient leur héros.
La directrice de casting thaïlandaise Pasiri ‘Noiy’ Pana raconte : «C’est un personnage qu’ils connaissent tous très bien. Quand j’ai demandé aux Birmans pourquoi, ils m’ont expliqué que chez
eux, dans leurs villages, ils se cachaient pour regarder RAMBO en secret.»
Au cours des ans, Rambo est devenu le sujet d’un album de reggae, de plusieurs chansons, de poésies, et bien sûr de nombreuses discussions politiques. Que ce soit sur des sacs, des tee-shirts ou
des posters, en Asie, en Afrique, en Europe ou ailleurs, son image est partout. L’acteur Jake La Botz, qui incarne Reese, un mercenaire joueur de guitare, observe : «Tout le monde a sa propre
histoire à raconter sur Rambo. J’étais au Mexique au début des années 80, je voyageais dans un bus et sur le tableau de bord, on pouvait voir Jésus, Marie, Rambo et Titi... Une association plutôt
surprenante ! Au Mexique, Rambo est une idole au même titre que Che Guevara. Dans notre monde moderne, il apparaît comme un vrai symbole de l’exclusion et de la résistance.»
Paul Schulze, qui interprète le médecin et missionnaire Michael Burnett, ajoute : «Il y a en chacun de nous quelque chose qui nous pousse à résister aux criminels et aux oppresseurs. Rambo
incarne celui qui est capable de s’opposer aux méchants et de triompher d’énormes difficultés. Le fait qu’il n’ait jamais été joué que par un seul homme a, selon moi, beaucoup contribué à en faire
un personnage célèbre dans le monde entier. Sylvester Stallone est le seul à pouvoir le jouer, le seul à pouvoir lui donner cette force et cette rage qui l’anime.»
Avec Rocky Balboa et John Rambo, Sylvester Stallone a créé deux des personnages les plus endurants et les plus symboliques du cinéma. Pour tous, les deux noms évoquent la même présence physique, la
même voix et la même démarche. S’il est aussi un scénariste nommé à l’Oscar pour ROCKY, un producteur, un réalisateur et un acteur éclectique, l’image de Sylvester Stallone, ou «Sly», reste
indissociable de ces deux grands rôles du cinéma. Kevin King note : «Rocky et Rambo sont souvent utilisés pour parler de Sylvester Stallone parce qu’ils sont avant tout ce que Sly en a fait.
D’une certaine façon, ils font partie de lui. Il aime d’ailleurs raconter que le matin au réveil il se sent très «Rambo» tant qu’il n’a pas bu son café, après il se sent plus «Rocky» ! Il voulait
une belle fin pour ces deux personnages. ROCKY BALBOA était le dernier de la série des Rocky ; avec JOHN RAMBO il achève celle des Rambo.»
Depuis une dizaine d’années, la science-fiction et la fantasy ont pris une place de plus en plus importante dans le cinéma d’action, dont les histoires se déroulent maintenant souvent dans des
mondes imaginaires ou alternatifs. Des sorcières combattent des magiciens, des super-héros doués de superpouvoirs luttent contre des cyborgs, des robots, des démons, des extra-terrestres… D’autres
films mettent en scène des cambriolages hightech ou des cyber-crimes à grand renfort d’effets visuels impressionnants, de gadgets et de véhicules incroyables.
Kevin King commente : «Rambo n’est pas un super-héros, et c’est ce qui fait sa force. La différence tient à la nature même de la violence qu’il exerce : c’est une violence éthique, des
représailles qui se justifient. Il n’a pas de pouvoirs extraordinaires, tout ce qu’il fait s’inscrit dans la réalité. Il agit de façon humaine, brutale et réaliste face à l’oppression et la
violence.»
Pour beaucoup, la résurgence de personnages et de franchises comme celles de RAMBO, DIE HARD ou INDIANA JONES provient d’un désir de voir des héros simplement humains confrontés à des situations
extraordinaires, mais inspirées de la réalité. Le chef décorateur Franco Carbone explique : «Beaucoup de films ont été faits avec des personnages issus de comics qui possèdent des pouvoirs
incroyables. Rambo ne leur ressemble pas du tout. C’est un être de chair et de sang. Il est héroïque parce qu’il fait face à l’oppression en étant simplement humain.»
Rey Gallegos interprète Diaz, un vétéran désabusé de la guerre du Golfe devenu mercenaire. Pour lui, Rambo est une sorte d’archétype du parcours que fait chaque homme durant sa vie. Il précise :
«Rambo traverse les trois étapes essentielles de la vie d’un homme : un combat à mener, un voyage à accomplir et un amour à reconquérir. Ce personnage souffre d’avoir perdu ces trois choses.
Tous ceux qui regardent ses aventures se retrouvent dans son histoire parce que nous sommes tous à la recherche d’un combat, d’un voyage et d’une princesse à délivrer.»
Sylvester Stallone déclare : «Le personnage de Rambo rappelle ces héros mythiques qui doivent accomplir contre leur volonté une tâche pour laquelle ils sont nés et qu’ils ne peuvent refuser.
Rambo est un homme droit, pour lui les choses sont simples et se résument à une lutte du bien contre le mal. Les mauvais doivent être punis et les faibles être protégés. Cette façon de voir
rappelle les histoires avec lesquelles nous avons grandi, toute la mythologie du bien contre le mal.»
Rambo et ses films
Le titre original de RAMBO, FIRST BLOOD, fait référence à l’acte d’ouvrir les hostilités, d’être le premier à verser le sang. Contrairement à ce que pourrait faire croire ce titre, Rambo ne tue
personne dans sa première aventure. Dans ce film, le vétéran aux cheveux longs est chassé d’une petite ville de montagne par son shérif (interprété par Brian Dennehy) alors qu’il n’a causé aucun
problème. Refusant de quitter la ville, Rambo est arrêté, humilié et maltraité avant de s’échapper et d’être traqué dans la forêt voisine. Hanté par l’horreur de la guerre, Rambo apparaît comme un
personnage victime des circonstances et traumatisé par le cauchemar sans fin qu’est devenue sa vie. Entraîné pour être une véritable machine à tuer, son intelligence et ses compétences de survie
sont ses deux meilleures armes. Même s’il malmène et neutralise ses poursuivants, Rambo n’en tue aucun durant toute sa traque. A la fin du film, il retourne en ville animé par la rage pour
affronter les forces du shérif, et termine son aventure en laissant éclater son désespoir dans les bras de son officier, la figure paternelle du colonel Trautman (Richard Crenna). Dans le roman de
David Morrell, Rambo meurt à la fin de l’histoire.
L’acteur Tim Kang, qui interprète le mercenaire En-Joo dans JOHN RAMBO, raconte : «RAMBO était différent des autres films d’action parce qu’il y avait un coeur et une âme dans cette histoire. La
qualité de l’interprétation de Sly en était grandement responsable. La violence n’était pas gratuite, il y avait un message derrière tout cela. Avec JOHN RAMBO, Sly revient à la source de la
série.» En plus de ses records au box-office, la série des RAMBO a réinventé et défini le genre moderne du film d’action. Héros à jamais traumatisé par ses expériences, Rambo fait preuve d’un sens
de l’honneur et d’un pragmatisme compréhensibles par tous les humains, quelle que soit leur culture.
Les armes et le style de combat de Rambo ont grandement contribué à son image. Equipé d’un arc, de flèches, d’un couteau qu’il a forgé lui-même et de son célèbre bandeau, sa simplicité et son
authenticité résonnent au plus profond de nous. Le chef décorateur Franco Carbone observe : «Rambo est un homme qui a abandonné toute la complexité du monde moderne, il a oublié toutes les
nationalités, toutes les identités ethniques et tribales pour vivre d’une façon simple et instinctive. C’est un personnage primitif au bon sens du terme, un homme qui reflète la nature sauvage de
l’humain. Dans notre société sans cesse en évolution, où nous devons devenir de plus en plus spécialisés pour avoir une fonction et vivre, beaucoup de gens se sentent mal à l’aise. D’une certaine
façon, Rambo représente ce malaise, cette envie de se retirer du monde et de revenir à l’individu.»
Audacieuses et visionnaires, les histoires formant le contexte des aventures de Rambo ont des thèmes politiques et sociaux qui donnent un élan réaliste à l’action et se sont souvent révélés
précurseurs. RAMBO montrait par exemple les effets du syndrome de stress post-traumatique bien avant qu’il soit connu et accepté par la science comme un trouble mental. Selon les producteurs de ce
film, Mario Kassar et Andrew Vajna, 26 versions différentes du scénario ont été nécessaires pour adapter le roman écrit en 1972 et transposer l’histoire de Rambo sur grand écran. C’est
l’implication personnelle de Stallone, fort du succès du film oscarisé ROCKY, qui a permis au premier RAMBO de naître.
Le producteur Kevin King se souvient : «La guerre du Vietnam était encore très présente dans les esprits quand RAMBO est sorti et le film a attiré l’attention de toute la nation. Il nous a
montré un autre visage de la guerre et de ses héros. Au cours de l’ère Reagan, Rambo est devenu un symbole politique des conflits qui opposaient l’Est et l’Ouest, le communisme à la liberté.
C’était un sujet sensible à l’époque. Au final, Rambo est une allégorie. Dans les films, il apparaît comme un homme plutôt pacifiste tant qu’on ne l’ennuie pas, mais capable de répliquer si on
franchit les limites.»
En 1985 sortait sur les écrans RAMBO II : LA MISSION, dont le scénario a été écrit par James Cameron et Sylvester Stallone. Dans ce nouvel épisode, le colonel Trautman demande à Rambo de mener une
mission visant à prouver qu’il existe encore des soldats prisonniers au Vietnam. Les slogans du film, «Aucun homme, aucune loi, aucune guerre ne peuvent l’arrêter» et «Cette fois-ci,
il faut vaincre», illustraient la frustration américaine quant à l’issue de la guerre du Vietnam et faisaient de Rambo un symbole de noblesse et de victoire. Comme dans le premier film, ce
second volet explorait les effets à long terme de la guerre du Vietnam, et en particulier le sort des prisonniers américains qui ont été utilisés, puis niés et abandonnés par leur gouvernement
après la fin du conflit. Une phrase de Rambo à la fin du film résumait à elle seule le désespoir des vétérans : «Je veux la même chose qu’eux. Je veux que notre pays nous aime autant que nous
l’aimons.»
L’actrice Julie Benz interprète dans JOHN RAMBO une missionnaire et la seule femme du film. Elle raconte : «Depuis le premier film, Rambo est rejeté par le pays qu’il aime et qu’il a servi.
Tout ce qu’il désire, c’est être à nouveau chez lui. Bien qu’il soit fort, avec un physique imposant, c’est avant tout un être humain imparfait avec des émotions. Ce dernier volet montre un Rambo
plus proche de ce qu’il était dans le premier film.»
L’indignation légitime ressentie par Rambo face à l’utilisation abusive qui a été faite de lui par l’armée et par son pays, a trouvé un écho partout dans le monde, et a fait de lui un noble
guerrier qui ne tue que pour se défendre ou se venger des mauvais traitements qu’il a subis. L’acteur Graham McTavish interprète dans JOHN RAMBO le leader des mercenaires, Lewis. Il remarque :
«Rambo est dans la droite lignée de Beowulf, Achille, ou de tout autre personnage plus valeureux que les autres hommes et qui vit en dehors de la société. Les gens de la Grèce et de la Rome
Antique auraient reconnu Rambo comme un véritable héros mythologique. Ce qui est intéressant avec lui, c’est que c’est un homme d’action : alors que d’autres perdent du temps à se demander quoi
faire, il va de l’avant et lutte contre l’adversité.»
Dans RAMBO III, Rambo quitte sa retraite en Thaïlande pour aller secourir son seul ami, le colonel Trautman, qui a été enlevé en Afghanistan, théâtre d’un conflit qui fut le «Vietnam russe» de 1979
à 1989. Sorti en 1988, le regard proposé par le film sur le Jihad et les moudjahidin afghans est encore d’actualité face aux événements qui agitent le monde musulman.
En septembre 2007, alors que cinq mois après la fin du tournage, JOHN RAMBO était en montage, les images du mouvement massif de protestation mené par des centaines de moines bouddhistes contre le
gouvernement birman envahissaient les écrans du monde entier. Ce mouvement a fait sortir dans les rues de Yangon (anciennement Rangoun), la capitale, plus de 100 000 personnes et a été la plus
grosse manifestation pro-démocratique du pays de ces deux dernières décennies. Quand les dirigeants militaires ont pris la décision de réprimer le mouvement fin septembre, les troupes ont commencé
à frapper les opposants et ont tiré des balles et des cartouches de gaz sur la foule désarmée, tuant plusieurs civils et moines. L’armée a investi plusieurs monastères bouddhistes et de nombreux
manifestants ont été arrêtés. Le gouvernement a aussi bloqué les accès Internet et mis en place un sévère contrôle des télécommunications, par lesquels le mouvement a pu être révélé au monde
entier. En raison du manque d’information, le nombre exact de morts est aujourd’hui difficile à cerner.
Au contraire des protestations pro-démocratiques de 1988, le soulèvement a été cette fois mené par des moines bouddhistes et non plus des étudiants. Le mécontentement a commencé en août suite à
l’augmentation du prix du carburant, et a attiré l’attention de la communauté internationale sur les abus du gouvernement militaire birman, fort de 400 000 hommes.
Le producteur John Thompson note : «La série des RAMBO s’est toujours inspirée de faits réels : le traumatisme des vétérans du Vietnam, les disparus et les prisonniers de cette guerre ou encore
le conflit interminable en Afghanistan. Avec JOHN RAMBO, Sylvester Stallone parle d’une chose encore peu connue aujourd’hui : le génocide du peuple karen par l’armée birmane. C’est un sujet on ne
peut plus réaliste et Sly a su l’utiliser avec beaucoup d’intelligence.»
Kevin King ajoute : «Les RAMBO ont toujours été des allégories, des contes qui reposent sur la symbolique du bien contre le mal. Toutes ces histoires s’appuient sur des faits et des problèmes
réels. Ce que l’on voit quand Rambo s’enfonce en Birmanie est exactement ce qui se passe en ce moment. D’anciens mercenaires et soldats américains remontent le fleuve pour aider les Karens. On y
trouve des missionnaires, des champs de mines et des camps de réfugiés. Bien sûr, ce film est avant tout un divertissement, mais il a un fond très réel.»
Dans une industrie qui repose beaucoup sur les marques et les franchises, la série des RAMBO a connu un succès exceptionnel. Chacun des trois premiers films s’est immédiatement classé à la première
place du box-office et a récolté des millions à travers le monde. Malgré les critiques parfois défavorables, les films et le personnage de Rambo ont perduré et sont devenus un phénomène global qui
a transcendé les langues et les cultures.
John Thompson commente : «Rambo est un laissé-pour-compte, et je crois que c’est un élément important qui a grandement contribué à son succès. Il fait face à des situations incroyables,
rencontre des obstacles qui paraissent impossibles à surmonter, et pourtant il triomphe. C’est aussi un homme incompris. C’est un solitaire dont les idées dérangent, et le public adore ce genre de
personnage.»
A certains égards, Rambo ressemble beaucoup à son créateur et alter ego, Sylvester Stallone. Pour toute son équipe, Sylvester Stallone est un homme intelligent, drôle, cultivé, plein d’énergie et
doué d’un grand sens artistique. Homme de contraste, il aime entretenir le dialogue et l’échange d’idées avec ses collaborateurs tout en étant clair et exigeant quant à ses objectifs. Ouvert et
plein d’humour, il est aussi connu pour être un solitaire.
C’est un acteur capable de remarquables interprétations, et un réalisateur direct et intransigeant dans sa façon de travailler.
Julie Benz observe : «Depuis toujours, il aime prendre des risques. Le premier ROCKY était un risque pour lui, tout comme le premier RAMBO. Il faut un sacré courage pour faire revivre ce
personnage plus de vingt ans après et revenir sur les écrans à soixante ans dans la peau d’un héros de film d’action. Il en fallait aussi beaucoup pour être au top physiquement, diriger cet énorme
film et surmonter les problèmes et les dangers de la Birmanie. Tout cela était très risqué. Sa carrière est jalonnée de prises de risques et c’est ce qui en a fait une légende, une véritable icône.
Il n’a pas peur de se mettre en danger, il ne recule devant aucune difficulté.»
Jake La Botz raconte : «Le savoir et l’énergie de Sylvester nous ont tous impressionnés. Je ne sais pas comment il fait, mais tous les jours il était gonflé à bloc. Il travaille avec un sérieux
et une maîtrise époustouflante. Il ne fait vraiment pas son âge. Quand on le voit se jeter dans l’action, on a du mal à croire qu’il a soixante ans. Je connais très peu d’hommes de son âge, ou même
de la moitié de son âge, qui soient capables de faire tout ce qu’il a pu faire durant le tournage !»
John Thompson reprend : «Je crois que le sens des responsabilités de Sylvester est ce qui l’a poussé à mettre un point final à l’histoire de cette véritable idole américaine.
Il possède une énergie physique et mentale inépuisable, tous les jours il écrivait, dirigeait le film, jouait son rôle, regardait les rushes et s’en inspirait pour réécrire certaines scènes... Nous
étions tous constamment impressionnés, envieux et très stimulés par son énergie et son engagement !»
A l'origine de Rambo & Acteurs et personnages
Après le succès de ROCKY BALBOA, dernier film de la série des ROCKY, Sylvester Stallone voulait aussi terminer celle des RAMBO. Il
explique : «Comme avec Rocky, je voulais revisiter Rambo et en terminer avec ce personnage. Le dernier film était plein de bonnes intentions mais son message n’a pas été entendu. Nous étions en
1988 et nous voulions montrer ce qui se passait en Afghanistan ; la guerre froide venait de se terminer et les Russes retiraient leurs troupes. A cette époque, les gens et les médias ne se
préoccupaient pas de ce pays, des moudjahidins et des talibans. Maintenant que nous savons ce qui s’est passé après le départ des Russes et qu’on voit ce qui se passe aujourd’hui, les gens s’y
intéressent davantage. Mais à l’époque, le film n’a pas réussi à attirer l’attention sur la situation de ce pays. Je voulais donc terminer la série sur une meilleure note et revenir à une version
du personnage plus proche du premier film.»
Après avoir acheté les droits de ce nouvel épisode de RAMBO aux frères Weinstein de Miramax, le producteur John Thompson, de chez Millennium Films, a contacté Sylvester Stallone pour lui faire part
de son intention de produire un nouveau RAMBO. John Thompson se souvient : «Il ne voulait pas se lancer immédiatement dans ce projet. Il voulait d’abord pouvoir réfléchir afin de comprendre où
en était ce personnage et ce qu’il restait à dire avec lui. Il a pris un temps de réflexion, d’autant plus qu’il travaillait à l’époque sur ROCKY BALBOA. Il a fallu attendre un bout de temps parce
qu’il était très occupé avec Rocky et le succès qui a suivi. Mais j’ai attendu et au final, nous avons pu faire ce film.»
Sylvester Stallone raconte : «Je me suis dit que si cela devait être le dernier RAMBO, il devait y avoir un message fort. Cela ne devait pas être juste de l’action. Je voulais un sujet sérieux
qui parle de la condition humaine et du monde réel.»
Il précise : «Il était hors de question de faire un film de plus. Rambo a vieilli, il a mûri et pris du recul sur beaucoup de choses. Il sait le prix de la vie mais il est aussi le résultat
d’un parcours qui lui en a appris long sur la violence des hommes et sur leurs méthodes. Parce qu’il est plusieurs fois allé en enfer et qu’il en est revenu, il est sûrement l’un des seuls à
pouvoir aller chercher ceux qui y sont retenus prisonniers.»
Beaucoup d’idées et de scénarios pour un quatrième RAMBO avaient été proposés depuis le dernier film. Plusieurs histoires se déroulaient au coeur des conflits en Irak, en Afghanistan, au Soudan, en
Colombie, et même au Darfour. John Thompson et Millennium Films possédaient déjà une demi-douzaine de scénarios mettant en scène Rambo, mais Sylvester Stallone voulait une toile de fond moins
connue et une histoire se déroulant dans un des conflits les moins médiatisés du monde.
Sylvester Stallone explique : «J’ai fait des recherches, j’ai parlé avec beaucoup de gens, j’ai appelé le magazine Soldier of Fortune (une revue destinée aux mercenaires et aux soldats
professionnels) et les Nations Unies. A chaque fois que je demandais quel était le conflit le plus meurtrier et le moins couvert par les médias, on me répondait “la Birmanie”.
Cette histoire est basée sur des faits réels et sur une guerre qui dure depuis soixante ans. Les exactions montrées dans le film sont celles que subissent les gens dans ce pays. En fait, la
plupart des atrocités qui leur sont infligées sont tellement horribles que nous ne pouvions pas les montrer. C’est la guerre dans toute son horreur.»
Durant la Seconde Guerre mondiale, les tribus karens ont lutté avec les Alliés contre les Japonais et l’armée birmane. Quand la guerre s’est terminée, une autre a commencé pour eux. Les Karens
voulaient un Etat indépendant et autonome, tout comme les autres tribus et minorités du pays. Après avoir colonisé le pays pendant des années, la Grande-Bretagne rappela ses troupes chez elle après
la Seconde Guerre mondiale. Après ce départ, un nouveau nationalisme birman émergea. L’effondrement du colonialisme et des institutions royales, en plus des nombreuses années de guerre et de
conflits ethniques, laissa l’armée birmane aux commandes des infrastructures du pays, des sociétés de transport, des compagnies d’import-export et de construction de ponts et de routes, et du
réseau de communications qui constituaient les seules ressources du pays. En 1947, quand les négociations pour l’obtention d’un Etat échouèrent, les Karens formèrent la Karen National Union (KNU),
un comité politique luttant pour leur indépendance. Depuis soixante ans, les Karens luttent contre le gouvernement birman qui exerce à leur encontre un nettoyage ethnique brutal et
systématique.
Sylvester Stallone reprend : «Ce conflit était parfait pour le film parce qu’il permettait d’introduire quelque chose qui ne parle pas uniquement de Rambo, quelque chose de vrai et de
complètement d’actualité. Avec les missionnaires et les mercenaires, cette histoire ne se limite pas à un seul personnage. Plus je faisais des recherches et plus j’en apprenais sur ce pays, plus je
me disais que je pouvais faire quelque chose de grand si je parvenais à attirer l’attention des gens sur la guerre civile en Birmanie tout en faisant un bon film d’aventure.»
La Birmanie était aussi pour Sylvester Stallone un terrain parfait pour ce nouveau film à cause de sa frontière commune avec la Thaïlande, le pays où vit Rambo depuis le deuxième film. Comme
beaucoup de vétérans qui ne sont pas parvenus à se réintégrer dans la société américaine, Rambo est resté en Asie du Sud-Est. En retrouvant son personnage, Sylvester Stallone s’est demandé quels
effets avaient pu avoir sur lui et sur son lieu de vie vingt ans de vie solitaire et quasi monastique. Il raconte : «C’est un homme fatigué, lassé du monde, il a vu et enduré trop de choses. Il
vit en dehors de la société mais ce n’est pas un ermite, juste une sorte de marginal désenchanté qui préfère vivre seul.»
Julie Benz ajoute : «Ce n’est pas le Rambo aux muscles huilés que nous avons connu il y a vingt ans. C’est un Rambo plus vieux, usé par la vie mais en même temps beaucoup plus sympathique. Tout
ce qu’il a vécu dans les trois premiers films a beaucoup affecté sa vie, c’est un homme qui s’est retranché derrière une véritable carapace.»
A contrecoeur, Rambo accepte de faire remonter le fleuve Salouen au Dr. Burnett, à sa fiancée Sarah, et aux missionnaires qui veulent apporter de l’aide à un camp de réfugiés. C’est Sarah qui
arrive à le convaincre. Quand il apprend deux semaines plus tard qu’ils ne sont pas revenus, il sait qu’il est le seul à pouvoir guider un groupe de mercenaires engagés pour les sauver.
Sylvester Stallone commente : «Rambo décide d’aider les missionnaires parce qu’il retrouve en Sarah l’espoir et l’optimisme qui l’animaient quand il était jeune. C’est pour cela qu’il s’est
engagé dans l’armée autrefois, parce qu’il pensait pouvoir faire quelque chose de bien. Bien qu’il n’ait plus foi en cela désormais, il éprouve un sentiment de loyauté envers elle, il se sent
responsable de sa sécurité. L’optimisme de cette femme a quelque chose de sacré, c’est pour lui une chose qui doit être respectée et protégée.»
Rambo sait que la guerre civile fait rage en Birmanie et que la torture, les exécutions sommaires et le viol des adultes et des enfants y sont monnaie courante. Durant ses voyages et sa vie dans la
jungle des montagnes du nord qui se trouvent entre la Thaïlande et la Birmanie, il a été témoin des destructions systématiques des champs et des villages, il a vu les victimes des champs de mines
et les camps de travail forcé remplis d’hommes, de femmes et d’enfants karens battus et affamés. Alors qu’il a toujours évité de s’impliquer dans ce conflit, la disparition des missionnaires
réveille son sens des responsabilités et le sentiment qu’il doit leur venir en aide, même si cela signifie replonger dans l’enfer de la guerre.
Kevin King souligne : «Nous ne pourrions même pas montrer un dixième des atrocités et du génocide systématique qui se déroulent tous les jours sur la frontière. Nous avons fait des recherches
et tout ce que nous montrons est réel. Nous ne voulions pas montrer de violence gratuite, tout est factuel et documenté. Depuis soixante ans, les Karens ont été systématiquement annihilés, et
personne ne le sait. Personne ne connaît l’horrible vérité.»
Les villages karens s’étendent depuis la ville de Mae Hong Son dans le nord-ouest de la Thaïlande jusqu’au sud de la Birmanie, suivant la frontière de 2 496 kilomètres de long entre les deux pays.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les militaires birmans équipés d’armes chinoises essaient d’éliminer les tribus karens pour s’emparer de leur territoire, riche en pétrole, en rubis, en
émeraudes et en jade. Ces exactions sont longtemps restées secrètes parce que la Birmanie a coupé ses relations diplomatiques et ses liens avec les médias occidentaux. Le soulèvement étudiant et le
massacre de Rangoun le 19 septembre 1988 ainsi que les reportages sur les jumeaux de 12 ans leaders du God’s Army, un groupe de rebelles karens, ont révélé la guerre civile birmane au monde entier.
Malgré cela, le Conseil de Sécurité National Thaïlandais interdisait en 2002 à tout correspondant étranger d’entrer dans les camps de réfugiés et dans les zones contrôlées le long de la frontière
birmane. Beaucoup pensent que cette interdiction était la conséquence directe de deux rapports accablants de groupes humanitaires : le rapport «Licence to Rape» (Permis de violer) de la Shan Human
Rights Foundation, et le rapport «Brutal Reign of Terror» (Le règne brutal de la terreur) des Free Burma Rangers, qui sont mentionnés dans le film.
Sylvester Stallone déclare : «La presse a peu parlé de ce qui se passait en Birmanie parce que des nations puissantes soutenaient ce pays. Avec ce film, nous mettons en scène une histoire
fictive ancrée dans des faits réels. C’est une grande responsabilité de raconter l’histoire des Karens, mais cela apporte aussi un sérieux et un sens dramatique énorme à notre histoire.»
La plupart des acteurs et des membres occidentaux de l’équipe de tournage n’avaient jamais entendu parler de la guerre civile birmane. L’acteur Graham McTavish confie : «J’ignorais ce qui se
passe dans ce pays. Je ne voudrais pas paraître prétentieux, mais je pense sincèrement qu’un film de cette ampleur attirera plus l’attention sur ce conflit que toutes les conférences de presse que
pourront faire tous les groupes humanitaires. C’est triste, mais c’est une réalité.»
Les acteurs, les techniciens et les figurants locaux étaient quant à eux conscients de la situation. Beaucoup d’entre eux ont même participé ou ont été victimes de la guerre et risquent des
représailles pour avoir travaillé ou joué dans le film. L’acteur Muang Muang Khin, un ancien leader rebelle de la KNU qui interprète le major birman Tint, raconte : «J’ai accepté ce rôle parce
que je déteste les Birmans. C’était un risque, mais j’étais prêt à le prendre pour montrer au monde ce que les Birmans font aux Karens. Après la sortie de ce film, je vais devoir me faire discret
parce que les services de renseignement birmans sont partout, même en Thaïlande, et les représailles pourraient être terribles.»
Le gouvernement birman et ses services secrets militaires répandent la terreur jusque sur le territoire thaïlandais, plusieurs centaines de kilomètres au-delà des zones de combat. Kevin King
explique : «Le gouvernement birman est excessivement discret sur ce conflit. Je crois que seul un film comme celui-ci était capable d’attirer l’attention des gens sur cette guerre. Je sais
qu’il existe dans le monde beaucoup de problèmes et de violences, mais ce film se concentre sur un génocide et un conflit particulièrement horribles. Le monde connaît déjà Rambo, et j’espère que
Rambo saura sensibiliser le monde au sort des Karens.»
--- Partie 2 (Suite) ---
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