DOSSIER DE PRESSE JOHN RAMBO (2ème partie).
--- Suite et fin ---
Acteurs et personnages
John Thompson raconte : «Quand nous avons appris que Sylvester Stallone voulait écrire et réaliser le dernier chapitre des aventures de Rambo, nous avons su que le projet était sur la bonne
voie. Dès le premier jour, j’ai été très impressionné par sa façon de travailler. C’est très agréable d’avoir un scénariste-réalisateur qui soit un véritable leader, et Sly est un leader né. Il
joue, il écrit, il dirige et la première chose que j’ai apprise en le voyant faire, c’est qu’il s’immerge et se consacre complètement à son travail quand il fait un film. C’est sa façon d’être et
de faire. Il y a beaucoup de Sylvester en Rambo, mais il a aussi su mettre une part de lui-même dans les autres personnages.»
L’acteur Paul Schulze commente : «Il sait très bien motiver ses troupes, c’est un vrai chef. Dans son livre “Le Prince”, Machiavel explique que le chef règne d’abord grâce à la peur, et en
second grâce à l’amour. Si le chef fait preuve des deux, alors ses hommes le suivront n’importe où. Sylvester fonctionne comme cela. Quand il nous dirigeait, nous avions tous peur de le décevoir et
nous cherchions tous à l’impressionner. Au final, on essayait tous de suivre son exemple et de travailler avec le même sérieux.»
Sylvester Stallone n’avait pas au départ l’intention d’écrire et de réaliser le quatrième Rambo. Mais après son expérience positive de metteur en scène et scénariste sur ROCKY BALBOA, il a réalisé
que si ce film devait être le dernier des RAMBO, il devait s’impliquer dans tous les aspects de sa création.
Il explique : «Quand quelqu’un d’autre s’en occupe, vous avez toujours des regrets, vous sentez que le film ne reflète pas complètement votre personnalité. Je me suis donc dit qu’il serait
intéressant que ce dernier Rambo soit dirigé par Rambo. Cela éliminait les intermédiaires. Cette histoire est donc entièrement la mienne. Si cela ne fonctionne pas, alors je n’aurai pas de regrets
parce que je saurai que j’ai fait de mon mieux. Personne d’autre ne sera fautif.»
Sylvester Stallone a fait des recherches pour son histoire pendant plusieurs mois et a rencontré de nombreux représentants des Nations Unies, des missionnaires et des mercenaires. Son objectif
était de montrer Rambo sous un jour plus proche du premier film, où il apparaissait comme un homme dévoué à son pays, mais traumatisé par toute la violence qu’il a vécue. De plus, il lui tenait à
coeur de créer un final honorable pour son héros.
L’acteur Tim Kang commente : «Je crois que Sly voulait faire un retour aux sources du personnage. Le deuxième et le troisième film sont très différents du premier, et il voulait explorer à
nouveau le coeur et l’âme du premier épisode. Ainsi, la boucle est bouclée.»
Rey Gallegos ajoute : «Pour résumer, on pourrait dire que dans ce film, John Rambo se retrouve lui-même. Après avoir abandonné ou oublié qui il était pendant un temps, les événements de cette
histoire vont réveiller l’homme qu’il a été. Dans le premier film, Rambo était un jeune homme de retour de la guerre, à la recherche d’une place à occuper dans son pays et dans la société. Rien n’a
changé pour lui et les missionnaires, les mercenaires et les Karens vont réveiller en lui cette quête d’une identité et d’un rôle à remplir. C’est un retour à ses racines.»
Les missionnaires & Les mercenaires
Le retour aux sources de Rambo se fait grâce à l’arrivée inattendue de missionnaires chrétiens américains. De nombreuses organisations
viennent du monde entier sur la frontière birmano-thaïlandaise afin d’apporter de l’aide aux tribus karens, en grande partie chrétiennes. Ces groupes engagent souvent des guides locaux et
travaillent avec des rebelles ou des ex-mercenaires pour faire passer en contrebande de l’aide médicale, de la nourriture, des fournitures scolaires et des bibles aux survivants.
Quand un groupe de missionnaires vient trouver Rambo pour lui demander son aide, il commence par refuser. Après toutes les horreurs dont il a été le témoin et l’acteur, Rambo a perdu la foi et
pense que l’homme laissé à lui-même est un être sauvage qui crée un monde de violence. Pour lui, rien ne pourra jamais changer la cruauté humaine.
Malgré cela, quelque chose interpelle Rambo dans la démarche de Sarah et de son fiancé, qui ont quitté une vie confortable pour se lancer dans un difficile périple à travers une zone de guerre.
Après les avoir mis en garde contre leur naïveté et les avoir questionnés sur leur façon de procéder, Rambo refuse toujours de les aider. Sylvester Stallone note : «Ce qu’ils veulent faire
réveille en lui son sens inné du bien et du mal. Il voit bien que cette jolie jeune femme et son fiancé médecin sont pleins d’espoirs, qu’ils sont prêts à risquer leur vie et leur confort pour
aider des gens qu’ils ne connaissent pas et qui vivent à l’autre bout du monde, et cela réveille quelque chose en lui.»
Julie Benz explique à propos de son personnage : «Sarah est une missionnaire chrétienne, c’est sa première mission avec son fiancé, Michael Burnett. Elle est entièrement portée par sa foi, qui
guide tous ses actes. Face à elle, Rambo, est un homme qui ne croit plus en rien, une sorte de coquille vide qui vit à l’écart de la société et de tout contact humain. Leur relation est très
intéressante. En lui redonnant un peu d’espoir, elle va aussi prendre conscience de toutes les horreurs de la guerre et comprendre que la foi ne suffit peutêtre pas face à tant de
violence.»
Finalement, Rambo accepte de conduire Sarah, Michael et les missionnaires jusqu’à un point prédéterminé. Le voyage ne se passe pas sans incidents et le groupe rencontre en chemin un bateau pirate.
Lorsque le chef des pirates veut enlever Sarah, la réaction de Rambo montre qu’ils sont bien dans une zone de guerre. En quelques secondes, son voeu de non-violence vole en éclats, tout comme les
illusions des missionnaires.
Paul Schulze explique : «Mon personnage, Michael Burnett, est un médecin de la Pan- Asian Ministry américaine qui apporte chaque année de l’aide au peuple karen. Il a déjà effectué cinq fois
cette mission et possède une conception bien établie de ce que devraient être le monde et sa vie. Ses idéaux vont être mis à rude épreuve.»
Burnett et son groupe sont indignés par le bain de sang causé par la réaction de Rambo. Inflexible, ce dernier leur explique que sans lui, les pirates auraient tous violé Sarah avant de la tuer, et
qu’ils auraient ensuite coupé la tête de tous les missionnaires. Après quelques discussions enflammées, Burnett, Sarah et le groupe demandent à Rambo de reprendre leur route et de les déposer au
point convenu. Bien qu’il sente que c’est une erreur, Rambo s’exécute. Quand il apprend deux semaines plus tard qu’ils ont été capturés par les militaires birmans et que la diplomatie ne pourra
rien pour eux, Rambo se sent responsable et accepte de remonter à nouveau la rivière pour aller les sauver.
Sylvester Stallone commente : «Pour Rambo, il y a dans cette nouvelle descente aux enfers un souffle d’espoir et de renaissance absent des autres films. Quand je parle de renaissance, c’est au
sens où cet homme va réussir à dépasser son désespoir. En sauvant Sarah et en essayant de sauver les missionnaires, il sauve en même temps une part de lui-même».
Les mercenaires
Pour sauver les missionnaires, les mercenaires doivent avant tout les trouver. Bien qu’il refuse de s’impliquer dans cette affaire depuis le début, Rambo se retrouve pris entre les missionnaires,
les mercenaires, l’armée birmane, ses sentiments pour Sarah et son désir de retrouver un peu de foi et d’espoir.
Alors qu’il remonte la rivière avec les cinq mercenaires, leur chef, Lewis, essaie de comprendre qui est cet étrange Américain. Malgré ses questions et ses provocations, Lewis n’obtient aucune
information de la part de Rambo. Graham McTavish, qui interprète Lewis, raconte : «Il y a une scène assez longue où mon personnage essaye de discuter avec Rambo. Mais c’est un échec complet : à
chaque tentative, Rambo le remet à sa place.» Rey Gallegos note : «Dans les trois premiers films, il y avait encore beaucoup de colère en lui. Après vingt ans en Thaïlande, elle s’est
estompée et il a fini par accepter sa vie. Les événements du film vont le ramener en arrière et lui montrer qu’il ne peut pas oublier celui qu’il a toujours été.»
Lewis, le chef des mercenaires, n’est pas là pour des raisons humanitaires. Graham McTavish explique : «Il est là uniquement à cause de son ex-femme et de ses trois enfants. Il ne veut rien
avoir à faire avec la situation dans laquelle il se trouve, en particulier après l’échec de son plan de sauvetage. C’est un homme coléreux, violent, un vrai teigneux. Tout ce qui l’intéresse, c’est
l’argent, néanmoins il finira par se racheter à la fin du film. C’était un personnage très intéressant à jouer en raison de son évolution.»
Sylvester Stallone observe : «Graham lui a donné un côté rude et réaliste très différent de celui des durs à cuire que l’on peut voir à Hollywood. C’est un merveilleux acteur. Quand il est venu
pour une première lecture du rôle, il a lu la première page et tout de suite après, il a joué sa scène de mémoire, mot pour mot. C’était la première fois que je voyais quelqu’un mémoriser son texte
aussi vite et le jouer dans la peau du personnage sur l’instant.»
En se documentant sur les mercenaires, Sylvester Stallone a découvert que la plupart d’entre eux ont entre vingt et cinquante ans, et sont souvent, comme Rambo, d’anciens soldats qui ne trouvent
pas leur place dans la société. Beaucoup sont croyants, souvent évangélistes. Certains sont mariés ou subviennent aux besoins de leur famille, d’autres ne recherchent que l’aventure et
l’adrénaline. Pour montrer la diversité de ces hommes, Sylvester Stallone a créé les personnages de Lewis, Diaz, Reese, En-Joo et School Boy. Kevin King commente : «Reese, le personnage de Jake
La Botz, est un exemple de ces soldats qui ont fait l’expérience des horreurs de la guerre et ont aimé ça. Ils ont tout vu, plus rien ne les étonne. Rien ne leur fait peur. Ils aiment la guerre et
veulent y rester. Pour eux, le retour à la vie normale est définitivement impossible.»
Pour Rey Gallegos, son personnage, Diaz, est plus représentatif de ces pères de famille et anciens idéalistes qui sont devenus mercenaires. Il explique : «Je pense que mon personnage est devenu
militaire pour un tas de bonnes raisons. Il devait vouloir servir sa patrie et faire quelque chose d’important. Par la suite, il est sans doute devenu mercenaire pour d’autres bonnes raisons, comme
subvenir aux besoins de sa famille, permettre à ses enfants d’aller dans les meilleures écoles, et puis aussi pour continuer à faire la seule chose qu’il sait bien faire... Il était volontaire pour
venir et il n’a peur de rien, mais il n’a pas envie de mourir.»
Interprété par Tim Kang, le soldat En-Joo est le plus déconcertant des cinq mercenaires. L’acteur raconte : «Il reste imperturbable durant toute la mission de sauvetage. Il y a bien quelques
moments où les choses le prennent par surprise, mais la plupart du temps il apparaît comme un personnage très stable. Pour lui, accomplir la mission et rentrer est la seule chose qui importe.»
Joué par l’acteur anglais Matthew Marsden, School Boy fait figure d’exception parmi les mercenaires en raison de son perfectionnisme et de ses idéaux. Kevin King observe : «C’est le plus naïf
du groupe. Il croit encore à la noblesse de ce qu’il fait alors que tous les autres sont aigris, blasés et ne sont là que pour l’argent.»
Impressionné par l’interprétation des acteurs qui incarnaient les mercenaires, Sylvester Stallone a ajouté durant le tournage des dialogues et des scènes pour leur permettre d’explorer plus en
détail leurs personnages. Rey Gallegos commente : «On était tous dans le bateau avec Sly qui faisait des centaines de choses tout en participant à nos plaisanteries, et puis il a commencé à les
intégrer à nos scènes. Un jour, il a vu Jake chanter et jouer de la guitare, et il a aussi ajouté cela dans le film.»
Jake La Botz observe : «Bien que les soldats et les mercenaires soient des figures familières au cinéma, ce film montre quelque chose de très différent par rapport à la plupart des films
d’action : il dit que la compassion et la violence peuvent coexister simultanément. Sarah, Michael et Rambo vont prendre conscience que la compassion peut prendre d’autres formes dans un
environnement violent.
Elle peut prendre la forme d’une balle tirée dans la tête de quelqu’un de profondément néfaste. C’est une chose difficile à concevoir, mais elle prend toute sa signification dans l’action. Il est
facile de fermer les yeux, de rester en sécurité loin de tout ça, mais aucun de ces personnages n’en est capable dans ce film.»
Les acteurs thailandais et Birmans & Le tournage
La grande variété d’acteurs, de personnages et de visages en Thaïlande du Nord a apporté une richesse inestimable au film. Le producteur John
Thompson explique : «Il n’y a qu’en Thaïlande que vous pouvez trouver un tel mélange de personnes authentiques et d’acteurs expérimentés. Quand la caméra s’attarde sur leur visage et leur
regard, leur présence à l’écran est saisissante.» Après avoir reçu la description des personnages écrite par Sylvester Stallone et les producteurs, la directrice de casting thaïlandaise Pasiri
‘Noiy’ Pana a contacté plusieurs acteurs professionnels. Quand Sylvester Stallone a reçu en retour les CV et les bouts d’essai des acteurs choisis, il lui a demandé d’engager davantage de
«véritables personnes».
Pasiri Pana raconte : «Il voulait que je recrute de vrais Karens et de vrais Birmans. Ce qu’il cherchait, ce n’étaient pas des acteurs professionnels, mais des gens qui connaissent vraiment la
guerre civile birmane. C’était très surprenant, surtout pour un film d’action. C’est plus difficile pour Sly de diriger une personne qui n’est pas un acteur professionnel et qui ne parle pas sa
langue, mais il voulait avant tout des gens authentiques. Nous avons donc trouvé des réfugiés karens, des amputés, des victimes de mines et d’anciens soldats birmans. Et Sly a fait avec eux un
travail remarquable.»
Au cours des repérages et des castings en Thaïlande, les cinéastes ont pris conscience que partout où ils allaient, tout le monde connaissait Rambo. Le régisseur général Somchai Santitharangkul se
souvient : «Nous sommes allés très loin dans la jungle pour l’un de nos repérages et nous avons trouvé des villageois et plusieurs membres des tribus des collines. Quand ils ont vu Sly, ils se
sont tous mis à l’appeler “Rambo”. Même les plus jeunes enfants le connaissaient. Sly était très surpris.»
Né en Thaïlande, Suparkorn Kijsuwan est un des jeunes acteurs les plus populaires de son pays. Il interprète le personnage de Myint, un soldat karen qui guide Rambo et les mercenaires en territoire
birman. Il raconte : «Je suis allé voir tous les films de Rambo plusieurs fois avec ma mère et ma famille. A cette époque j’étais président de l’organisation des étudiants à l’école et
j’adorais porter des vêtements militaires. A cause de cela, on m’avait surnommé “Rambo” et mes amis m’appellent toujours comme ça.».
Dans son livre intitulé «Restless Souls» (2006, Asia Books) qui traite du conflit entre la Birmanie et la Thaïlande, le journaliste et auteur Phil Thornton raconte qu’au cours de sa rencontre dans
une maison sécurisée avec le légendaire leader de la rébellion karen, feu le général Bo Mya, le mur qui se trouvait derrière lui était décoré avec un poster de Rambo. Bo Mya a servi aux côtés des
Britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale et a rejoint la résistance karen à 21 ans. De simple soldat, il est parvenu à s’élever au grade de général, et a terminé Président de la KNU. Il est
mort en décembre 2006, après s’être retiré pour raisons de santé au bout de soixante ans de lutte.
Un autre chef de la résistance, Muang Muang Khin, connaissait aussi Rambo. Il interprète dans le film le cruel major birman Tint. Après avoir vu le massacre de l’insurrection de Rangoun en
septembre 1988, Muang Muang Khin a rejoint les forces de la KNU. Il explique : «Les gens demandaient pacifiquement la restauration de la démocratie, et tout ce qu’ils ont eu ce sont des balles
et des coups de bâtons. Beaucoup sont morts. Toutes les revendications ont été rejetées par la junte militaire. Après cela, j’ai pris le maquis avec d’autres amis et nous avons pris les armes pour
nous battre contre les Birmans.»
Après avoir rejoint la résistance, Muang Muang Khin a suivi trois mois d’entraînement militaire et a ensuite été nommé officier et instructeur en charge d’un camp d’entraînement durant plus de
trois ans. En 1999, il quittait le camp et montait au front pour se battre contre les Birmans. Bien que l’ancien rebelle n’ait aucune expérience d’acteur, Sylvester Stallone a été impressionné par
son expérience du terrain et son application à jouer son rôle.
Muang Muang Khin précise : «Je veux que le monde sache ce qui se passe ici. Pour préparer ce rôle, je me suis servi de mon expérience, de ce que j’ai vu et vécu. J’ai simplement imité ce que
font les Birmans, rien de plus.»
Muang Muang Khin a prévu pour sa sécurité de disparaître pendant un certain temps après la sortie de JOHN RAMBO. Il explique : «Avec ma famille, nous sommes harcelés depuis toujours par les
services de renseignement militaires. Avec ou sans ce film, la situation ne pourra pas être pire. Depuis le temps, nous y sommes habitués.»
Sai Mhong, un chanteur professionnel qui incarne le chef des pirates birmans, a déjà souffert de la colère de l’armée birmane. Il raconte : «Quand j’ai eu le rôle et que mon nom a figuré sur
Internet, ma famille a été arrêtée, ma soeur emprisonnée en Birmanie et mon neveu a été violé par les soldats birmans. Je ne sais pas si c’est arrivé parce que je participe à ce film, ce qui est
une prise de position, mais c’est arrivé. Cela m’a rendu encore plus déterminé à montrer la brutalité et la violence des soldats birmans.»
Le réseau de renseignement de l’armée birmane et les représailles qu’elle exerce ont rendu les cinéastes très prudents, en particulier pour l’engagement des acteurs et des figurants locaux. Les
producteurs et Sylvester Stallone ont travaillé en étroite collaboration avec la directrice de casting Pasiri ‘Noiy’ Pana pour préserver leur anonymat et assurer leur sécurité. Pasiri ‘Noiy’ Pana
se souvient : «Nous étions assez inquiets et nous leur avons expliqué la situation. Ils connaissaient tous Rambo et malgré les risques, ils voulaient absolument participer. Sylvester m’a
beaucoup surpris en recrutant de vrais Karens et de vrais Birmans. Il voulait des gens qui connaissent les réalités de ce pays parce qu’il savait que cela allait ajouter beaucoup de réalisme à son
film. Il voulait aussi que les Karens sachent que quelqu’un allait raconter leur histoire.»
John Thompson ajoute : «Raconter ce qui arrive aux Karens était un des aspects les plus motivants de la création de ce film. Grâce à lui, le monde va apprendre ce qui se passe en Birmanie.
J’espère qu’il va provoquer une prise de conscience internationale et qu’il permettra de faire avancer les choses.»
Le tournage
La Thailande
Sylvester Stallone voulant tourner le plus près possible de la frontière birmano-thaïlandaise, la production a installé ses quartiers dans une très ancienne cité, Chiang Mai, la deuxième plus
grande ville de Thaïlande qui se trouve dans les luxuriantes montagnes du nord ouest du pays.
Kevin King explique : «Nous n’avions pas la permission de tourner en Birmanie, mais nous avons fait tout ce que nous avons pu pour que le film paraisse le plus authentique possible. Ce souci
d’authenticité était important pour Sly, dans le choix des décors comme dans celui des acteurs. Nous nous sommes vraiment immergés dans cet univers.»
Logistiquement parlant, JOHN RAMBO était une énorme et complexe production qui a nécessité une équipe de près de cinq cents personnes parlant cinq langues différentes. La société de production
Legend Films, basée en Thaïlande, a aidé Millennium Films et les cinéastes en facilitant l’obtention des autorisations de tournage, des licences d’importation, des papiers officiels et en apportant
son aide logistique. Certaines scènes tournées dans des parcs nationaux ont demandé des autorisations spéciales et des soins particuliers afin de ne pas endommager l’environnement. L’organisation
des trajets et l’hébergement des nombreuses personnes qui ont travaillé sur le film s’est révélé une tâche à la mesure de cette énorme production.
John Thompson commente : «Notre équipe était constituée de personnes venant de treize pays différents. Les acteurs venaient quant à eux de sept pays différents. Tous les jours, plus de soixante
cascadeurs et des centaines de figurants s’activaient sur le plateau. Cinq caméras étaient utilisées quotidiennement par deux équipes, et nous avons construit un village et une petite ville pour
certaines séquences. Il fallait coordonner énormément de choses et de personnes.» Le film ayant été tourné entièrement en extérieurs, le camp de base de la production ressemblait à un camp
militaire sans cesse en déplacement avec ses centaines d’uniformes et d’armes, ses douzaines de tentes, de bus, de caravanes, et presque deux cents véhicules parmi lesquels de nombreux tous
terrains. L’ampleur et les besoins du film en matière de construction, d’hébergement, de transport et de restauration a transformé la production en une véritable petite armée. Six bateaux ont été
en outre construits pour le film, dont une réplique d’un navire de patrouille birman, un bateau pirate birman et la chaloupe de Rambo. Pour le campement de l’armée birmane, le chef décorateur
Franco Carbone a défriché avec ses décorateurs deux hectares de jungle sur lesquels ont été construits plus de cinquante baraques. Non loin de là, la construction du village karen a nécessité le
nivellement de plusieurs collines, la création de rizières en terrasse avec leur système d’irrigation, la construction de 34 maisons en bambous et l’apport de plantes, de bétail et de divers
animaux.
John Thompson confie : «Nous avons eu la chance de travailler avec les meilleurs responsables de départements qu’il soit possible de trouver. Nous avons eu Alexander Gunn et son équipe d’effets
spéciaux, qui ont participé à des films comme MUNICH et TROIE. L’équipe de cascadeurs était celle de MATRIX et V POUR VENDETTA. Nous avons eu aux postes clés beaucoup de gens qui ont travaillé sur
des films importants et Sly a su comment les faire travailler de concert vers un but commun.»
L’harmonie et la bonne ambiance au sein d’une équipe ne sont pas les choses les plus simples à entretenir au cours d’un tournage en extérieurs dans la chaleur et l’humidité de la jungle du nord de
la Thaïlande.
Kevin King confie : «La communication était notre plus grosse difficulté. Travailler avec autant de personnes, de langues et de différences culturelles n’était pas tous les jours facile,
d’autant plus quand vous êtes pressé par le temps. Quoi qu’il arrive, vous devez faire votre travail tous les jours. Avec la boue qui bloquait les routes, les pluies torrentielles, la chaleur
étouffante, toute l’équipe et tout notre matériel qu’il fallait transporter en montagne ou sur la rivière, cela ressemblait parfois à un véritable cauchemar…»
Tim Kang confie : «Le fait d’être dans la jungle thaïlandaise a beaucoup aidé tous les acteurs. Pour nous, être immergés dans un pays, sa culture et sa langue est un très gros avantage. Quand
j’arrivais sur le plateau, je n’avais pas à imaginer que j’étais en Thaïlande : j’y étais vraiment. J’étais aussi près de la réalité qu’on pouvait l’être en restant en sécurité.»
Un tournage éprouvant
En décidant de faire son film en Thaïlande, Sylvester Stallone savait qu’il allait avoir besoin pour ses décors d’une rivière traversant la jungle. La ville de
Chiang Mai, à quatre heures de la zone de conflit birmano-thaïlandais, était idéalement située pour établir le camp de base de la production.
Tous les jours, l’équipe et les acteurs de JOHN RAMBO se levaient avant l’aube et voyageaient vers le nord pendant plus d’une heure pour se rendre dans les montagnes, couvertes de jungles et
comptant d’abondantes cascades et rivières, des lacs, des cavernes et des gorges qui ont servi de décor au film. Sylvester Stallone déclare : «Le fond de ce film est très sérieux parce qu’il
parle de gens dont personne ne se préoccupe, et qui vivent malgré eux dans un état de guerre et de persécution constant. Cela apporte un poids considérable à cette histoire. JOHN RAMBO est un grand
film en termes d’histoire et d’espoir, et un film spectaculaire en termes d’images.»
Sans intérieurs ni studios, l’équipe a travaillé pendant plus de trois mois dans les conditions les plus difficiles, subissant la pluie, la grêle, le tonnerre, les éclairs, les inondations, de
hautes altitudes, la chaleur extrême et une humidité étouffante. Dans la jungle des montagnes, la température oscille entre 32 et 38°C et s’accompagne d’un taux d’humidité proche de 100 %. Pour la
plupart des acteurs et des membres de l’équipe, ce tournage a été le plus difficile et le plus éprouvant de leur carrière. Sylvester Stallone commente : «Ce fut une expérience fantastique mais
épuisante. L’équipe et les acteurs ont travaillé dans des conditions incroyablement difficiles.
Aujourd’hui, le monde du cinéma est devenu complètement mécanique et informatisé, et je crois que ce film est vraiment un des derniers représentants de l’ancienne école. C’était plus difficile que
tout ce que j’ai pu faire jusqu’ici, mais c’était aussi plus enrichissant. Tous les jours, nous avons travaillé dans une chaleur insupportable sans nous arrêter. Tout le monde devait traverser la
jungle et subir les assauts de la nature, des insectes et des serpents. Toutes ces difficultés ont créé une grande camaraderie entre nous.»
Le tournage a débuté à Chiang Mai à la mi-février 2007, pendant la saison chaude qui s’étend de janvier à avril et durant laquelle les paysans défrichent leurs champs en y mettant le feu. L’équipe
et les acteurs ont commencé le tournage dans les montagnes qui entourent la ville dans une atmosphère saturée de pollution, avant l’arrivée de la saison des pluies et du printemps. Près des grottes
de Tim Luang qui ont servi de décor pour les scènes où des Karens se cachent et celles de la Tall Boy Bomb, des poignées de cendre et de braises flottaient dans l’air et jonchaient le sol de la
jungle. En plus de la chaleur étouffante qui a accompagné les semaines de tournage de la grande scène finale du film, la fumée, la poussière et le feu saturaient constamment l’atmosphère.
Rey Gallegos raconte : «Certains jours, on travaillait au beau milieu d’une vingtaine de feux laissés sans surveillance dans les montagnes qui nous entouraient, et malgré la fumée, la
poussière, le poids de notre équipement et le bruit des balles, il fallait courir et faire nos cascades. Il devait faire dans les 50 degrés et avec les cinq caméras, une centaine de soldats
birmans, les lance-flammes, la mitrailleuse calibre 50, les cinq mercenaires et Rambo, c’était le tournage le plus épuisant de toute ma carrière.»
En plus de la fumée et de la poussière qui envahissaient l’atmosphère, le sable, les herbes et les arbres qui se trouvaient à Baan Tap Dua étaient pleins d’araignées, de scorpions, de fourmis, de
moustiques et de puces, mais aussi de cobras, de couleuvres vertes, de serpents arboricoles et de vipères.
Graham McTavish confie : «Avec tous ces insectes, c’était vraiment terrible de tourner en Thaïlande. Les fourmis y sont tellement grosses que vous pouvez leur mettre une selle sur le dos et
monter dessus ! Quant aux serpents, ils avaient des couleurs tellement incroyables qu’on se demandait si c’étaient des vrais. Sur environ 168 espèces de serpents qui vivent là-bas, 165 sont
venimeuses. Avec la deuxième équipe, il nous est arrivé d’en voir quatre dans la même journée, et l’un d’entre eux était même en train de monter le long de la jambe d’un acteur !»
Les premières images de Rambo dans le film le montrent de retour à la ferme aux serpents où il vit et travaille. Le décor du village de la ferme aux serpents se trouve à Baan Chao Na, et c’est le
premier que les cinéastes ont trouvé lors des repérages à Chiang Mai. Près de la rivière Ping, qui traverse la ville, un ancien restaurant et son bateau pour touristes ont été reconstruits et
modifiés pour devenir la ferme aux serpents, la maison, la forge de Rambo, et le lieu d’amarrage de ses chaloupes.
Pendant la préproduction, Sylvester Stallone s’est entraîné à manipuler des serpents pour les séquences où Rambo les capture. Plusieurs d’entre eux étant mortels, l’équipe et les acteurs restaient
à distance des reptiles pendant que Sylvester Stallone manipulait des pythons, des cobras et d’autres serpents venimeux. Avec l’aide des charmeurs de serpents, Stallone a tourné plusieurs scènes
avec des serpents vidés de leur venin. Le soigneur Songporn «Tammy» Musikadilok commente : «C’était tout de même dangereux car on ne sait jamais, il peut rester quand même un peu de venin. En
outre, nous avons travaillé avec des serpents toujours équipés de leurs crochets et une morsure restait possible. Mais Sly voulait quand même le faire, et il se débrouillait très bien.»
Pendant plusieurs semaines, les acteurs ont aussi tourné de nuit dans la jungle sous une pluie artificielle. Rey Gallegos se souvient : «Il fallait ramper dans la boue, courir, nager dans des
ruisseaux et des rivières, se cacher sous des huttes ou être suspendu dans des cages en bambou, tout ça sous un déluge continuel. Avec cette machine à pluie, c’était un peu comme prendre une douche
tout habillé pendant des heures d’affilée, avec des serpents et des insectes.»
Les scènes tournées avec la pluie artificielle dans la grande fosse du camp militaire birman ont été pour plusieurs acteurs les plus éreintantes, mais aussi les plus mémorables. Paul Schulze
raconte : «Je crois que les choses qui comptent le plus dans la vie ne sont pas les plus faciles, mais souvent celles qui semblent les plus difficiles sur le moment. La scène où je suis dans
une cage au-dessus de la fosse aux cochons pendant que mon compatriote est crucifié et dévoré par les porcs est ma préférée. Elle m’a beaucoup marqué parce que d’où j’étais, je pouvais voir Sly
debout avec de la boue et du fumier jusqu’aux genoux en train d’expliquer à tout le monde en criant ce qu’il fallait faire pour que la scène soit parfaite.»
Julie Benz continue : «Pour moi, cette scène a été beaucoup moins sympathique. J’étais attachée dans la fosse, agenouillée sous une hutte en bambou, avec ce gros cochon sauvage de 200 kilos qui
venait droit sur moi sans que je ne puisse rien faire. Tout était plein de boue, dégoûtant, détrempé et il faisait froid. C’est la chose la plus difficile physiquement et émotionnellement que j’aie
faite !»
Le camp militaire birman s’étendait sur un espace de deux hectares près de Mae Hor Pra et regroupait une cinquantaine de structures parmi lesquelles des tentes militaires, quatre ou cinq styles
différents de baraques d’officiers et de soldats, des cantines, des sanitaires, des dépôts d’armes et de munitions et des lieux de rassemblement. Quatre tours de guet d’une vingtaine de mètres de
haut chacune surplombaient le camp depuis des positions surélevées. La construction du camp a demandé trois mois et demi de travail.
Plus bas sur la route, l’équipe a aussi construit un village qui a figuré deux villages karens différents dans le film, qui sont finalement détruits. A l’origine, la production voulait un véritable
village karen, mais ceux qui étaient disponibles étaient trop éloignés et dans des zones dangereuses. Après des recherches sur la façon dont les Karens bâtissent leurs villages, l’équipe de
décoration a construit avec les outils utilisés par les Karens 34 structures de bambou à flanc de colline.
Franco Carbone explique : «Aucun outil électrique n’a été utilisé pour la construction des huttes du village. Tout a été fait à la machette, à la scie manuelle, à la pelle et avec l’aide des
éléphants. Quand nous avions besoin d’une échelle, on en fabriquait une en bambou. Notre équipe était constituée de très bons artisans et ils sont parvenus à rendre ce décor plus vrai que nature.
En fait, c’était si réaliste que quand l’équipe de tournage et les acteurs sont arrivés, ils se sont mis à errer dans le village en cherchant ses habitants. Pour nous, c’était le meilleur
compliment qu’ils puissent nous faire.»
En défrichant la jungle pour construire le campement, l’équipe de production a fait une découverte importante qui a par la suite influencé le plan du campement militaire. Franco Carbone se souvient
: «Nous avons trouvé une magnifique rivière qui dessinait un arc de cercle autour du campement, nous avons donc construit une route qui suivait son tracé. Nous ignorions complètement
l’existence de cette rivière au moment où nous avons commencé les travaux. Quand vous travaillez dans un environnement inconnu comme la jungle, il faut toujours attendre que tout soit terminé pour
voir le résultat final réel.»
Pour l’équipe et les acteurs, travailler dans la jungle, tourner dans la boue et dans l’eau a été une aventure de tous les jours. Julie Benz confie : «Au final, cela reste une très bonne
expérience, je suis heureuse d’avoir participé à ce projet. Nous avons tous enduré beaucoup d’épreuves et maintenant, entre nous, c’est un peu comme si nous avions fait la guerre ensemble. On se
lançait des défis, c’était à celui qui serait le plus courageux avec les insectes, le plus téméraire avec ses cascades, ou à celui qui resterait le plus longtemps dans la boue et sous la pluie. Ce
film nous a unis.»
Le fleuve
Tourner sur le fleuve Salouen signifiait voyager sur le plus long cours d’eau sans barrage du Sud-Est asiatique. Ce fleuve prend sa source au Tibet et s’écoule sur 2 815 kilomètres à travers la
Chine, la Birmanie et la Thaïlande, où il débouche dans la mer d’Andaman. Dans la province du Yunnan en Chine, où il est appelé Nujiang, les superbes gorges qu’il a creusées sont surnommées le
Grand Canyon Chinois. Inscrit au patrimoine mondial depuis 2003, le fleuve Salouen abrite une centaine d’espèces animales et de poissons rares et en voie de disparition, ainsi que plusieurs
centaines de plantes et d’insectes sur ses berges.
Alors qu’il est continuellement envisagé de construire des barrages, le puissant fleuve continue de s’écouler à travers quatre pays et résiste depuis toujours aux changements et au progrès. En
descendant vers le sud, le fleuve dessine une partie de la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande, une zone de guerre depuis de nombreuses années. Le régisseur général Somchai observe :
«C’est une zone dangereuse de la Thaïlande où les Karens et les Birmans s’affrontent. Même si Sylvester Stallone voulait y tourner son film et avait fait quelques repérages, nous ne pouvions
pas aller là-bas. Nous avons donc dû trouver un autre endroit avec des montagnes et une rivière importante.»
La solution de ce problème s’est présentée sous la forme de trois rivières situées autour de Chiang Mai, notamment près du barrage de la Mae Ngud dans le parc national du Sri Lanna, qui se trouve à
une heure au nord de la ville et à environ trois cents kilomètres de la frontière birmane. Grâce à leur largeur, leurs petites criques, leurs gorges et les montagnes qui les entourent, les trois
rivières ont fourni un décor très semblable au fleuve Salouen. Toutes les séquences avec les mercenaires et les missionnaires, et celles où Rambo attrape des serpents, y ont été tournées. D’autres
scènes se déroulant sur le Salouen ont aussi été filmées dans la région de Baan Tap Dua, et la rivière Ping à Chiang Mai a servi de décor pour les scènes sur les quais.
Franco Carbone note : «Le fleuve est une sorte de fil conducteur visuel très fort. Trouver un endroit aussi important pour l’histoire était un énorme défi, et ce d’autant plus que nous avons
tourné pendant la saison sèche où le niveau de l’eau est au plus bas. Par chance, nous avons fini par trouver le barrage de la Mae Ngud et nous avons pu filmer toutes nos scènes.»
Une grande partie de JOHN RAMBO a été filmée sur la Mae Ngud et dans la région de Baan Tap Dua. De nombreuses séquences avec cascades et effets spéciaux ainsi que des poursuites en bateaux et des
explosions y ont été tournées. Les scènes se déroulant sur l’eau ont été difficiles à filmer en raison du nombre de caméras, d’accessoires et d’intervenants qu’elles nécessitaient. Des douzaines de
bateaux et de pontons flottants ont été utilisés pour transporter ou servir de support aux lumières, au matériel, aux costumes, à la nourriture et l’eau, aux acteurs et à l’équipe technique. Pour
accéder au lieu de tournage le plus éloigné sur la rivière, il fallait naviguer 45 minutes, ce qui ajoutait presque une heure aux déplacements quotidiens. Pour ne pas perdre deux heures tous les
jours, certains membres de l’équipe sont allés jusqu’à camper dans la forêt et sur des abris flottants sur la rivière. Moustiquaires et sprays répulsifs sont vite devenus leurs meilleures armes
pour lutter contre les très nombreux insectes de la forêt. Pour éviter la fatigue et les coups de chaleur, la production a veillé à fournir suffisamment d’eau, de boissons énergétiques, de chapeaux
et de crèmes solaires à toute l’équipe du film.
Kevin King explique : «Le problème principal quand vous tournez dans l’eau, c’est que vous devez travailler en fonction des éléments. Quand vous filmez sur une rivière, vous vous retrouvez
forcément entre les deux berges, sans rien pour vous protéger du soleil et sans aucun endroit où vous asseoir, en particulier quand vous travaillez avec beaucoup de caméras et de personnes. Vous
devez endurer des chaleurs étouffantes, la pluie, le mauvais temps, le brouillard... Tourner dans de telles conditions est très difficile.»
Le niveau des eaux, la manoeuvrabilité des bateaux, le poids des équipements, des acteurs et des membres de l’équipe de tournage ont aussi compliqué le tournage de JOHN RAMBO. Pour certaines
scènes, les cinéastes ont fixé quatre moteurs sur un ponton flottant pour supporter les nombreuses caméras et leurs techniciens. Kevin King note : «Le poids était parfois tellement élevé que
les bateaux et les pontons coulaient. Ce tournage sur les eaux a vraiment été une épreuve pour tout le monde.»
Après le nouvel an thaïlandais, l’abaissement du niveau des eaux a posé de gros problèmes. Même sur le barrage de la rivière Mae Ngud, l’eau était si basse qu’il a fallu reconstruire le décor près
du bateau des pirates. Pour ne plus être à la merci des variations de niveau, Franco Carbone et son équipe ont reconstruit le décor sur une barge flottante près de la rive.
L’endroit où devait être tournée la scène finale d’extraction et de fusillade à Baan Tap Tua possédait tout ce dont les cinéastes avaient besoin : la rivière faisait un coude permettant
d’apercevoir le navire de patrouille birman, la rive était une plage de sable bordée par de gros arbres, une large zone permettait d’établir un important camp de base et une colline en surplomb
pouvait accueillir une mitrailleuse calibre 50. Le seul problème de ce décor était… une absence d’eau quasi complète dans la rivière - seulement trente centimètres ! Le régisseur général Somchai se
souvient : «Sly adorait cet endroit, alors il m’a demandé si je pouvais faire monter le niveau de l’eau. J’ai répondu que j’allais essayer. Pendant des mois avant le tournage, je me suis
adressé à un tas de gens pour essayer de résoudre ce problème. Tout le monde me prenait pour un fou.»
Bien qu’il soit rare de construire un barrage en pleine jungle pour un film, Franco Carbone, son équipe, Somchai et plusieurs villageois locaux ont finalement relevé ce défi afin de faire monter le
niveau de l’eau à près d’un mètre cinquante et permettre le tournage des scènes de poursuite en bateau, la mise en place des effets pyrotechniques et la réalisation des cascades. La construction du
barrage s’est faite à la force des bras, avec seulement des pelles, des machettes et l’aide de plusieurs éléphants. Ces animaux sacrés en Thaïlande sont utilisés depuis de nombreuses années par les
bûcherons et les forestiers dans les zones de jungle et de montagne inaccessibles aux camions et aux tracteurs.
Franco Carbone explique : «Il était impossible de faire venir des machines de chantier, mais grâce aux éléphants nous avons pu acheminer sur place de gros piliers en béton. En plus d’avoir
abattu pas mal d’arbres, ils ont aussi creusé le lit de la rivière pour la rendre plus profonde. Nous leur sommes très redevables. Ce sont de superbes animaux, les regarder travailler était
fascinant.»
Les décors du final du film se trouvant à six cents mètres d’un centre où les touristes pouvaient louer des éléphants pour des promenades en forêt, les énormes pachydermes déambulaient toujours
autour de la production pendant le tournage du film. Lorsque la mitrailleuse calibre 50 s’est mise à faire feu, la réaction des éléphants a été immédiate. Somchai raconte : «Nous n’avions pas
imaginé que cela pourrait autant les effrayer. En une seconde, une cinquantaine d’éléphants ont pris peur et se sont mis à courir dans la jungle avec des touristes sur leur dos. Pour éviter que
cela ne se reproduise, le camp des éléphants était prévenu par téléphone avant chaque nouvelle explosion et fusillade. Avec le temps, les éléphants ont fini par s’habituer… mais pas les
touristes !»
Les touristes ont aussi posé quelques problèmes aux cinéastes pendant le tournage des scènes sur la rivière. Somchai explique : «Les touristes pouvaient louer des radeaux en bambou au nord de
notre camp, et parfois certains d’entre eux débarquaient dans nos décors sans prévenir et se retrouvaient en plein milieu du tournage d’une scène. Il fallait donc faire attention à ce que personne
ne soit dans l’eau quand nous faisions les scènes de poursuites et les cascades en bateaux. D’habitude, le site pour touristes fermait la rivière pour que le courant soit calme pour les radeaux.
Mais à cause de notre barrage, le débit d’eau était devenu beaucoup plus violent. Les radeaux en bambou n’étant pas très solides, nous avons dû en réparer plus d’un… En plus du film, il y avait
donc beaucoup d’autres choses à s’occuper.»
Malgré les difficultés liées à un tournage sur l’eau, cette expérience n’était pas non plus dénuée de charme pour les acteurs et les membres de l’équipe de tournage. Rey Gallegos raconte :
«C’était merveilleux de rentrer au camp de base le soir en bateau et de regarder le soleil se coucher. A mesure qu’il disparaissait derrière la crête des arbres, le ciel devenait orange et
rouge. Tous les jours, c’était un spectacle magnifique.»
--- 1ère partie ---
COMMENTAIRES